Son nom
Anglicisé sous la forme Vortigern, le nom apparaît dans les plus anciens
écrits gallois sous l’orthographe Guorthigirn et plus tard Gwrtheyrn. Bede, qui
écrit en latin, utilise les termes Vertigernius et Vurtigernus tandis que les plus
anciens textes anglo-saxons l’écrivent Wyrtgeorn. Ce mot signifie « Grand
Seigneur » ou « Très grand Seigneur ». Tigern- ne veut pas exactement dire « Roi », mot que l’on
retrouve habituellement sous une forme dérivée du latin Rex comme Ri(othamus) ou
(Vortime)rix. Il serait donc incorrect de traduire Vortigern en « Grand
Roi ».
Gildas (vers 450-500)
Nous
retrouvons pour la première fois la trace de Vortigern dans les écrits du moine
britannique Gildas, qui rédigea sa De Excidio et Conquestu Britanniae vers 540. De Excidio est un pamphlet
moral plus qu’un ouvrage historique. Le grands chapîtres de l’ouvrage concernent
l’arrivée des Saxons et le conflit qui s’ensuit contre les Britanniques, la résistance face aux Saxons conduite par Ambrosius Aurelianus et finalement
la défaite des Saxons lors du siège de Badonicus Mons le jour de la
naissance de l’auteur (selon ses propres dires).
Chapître 23, il évoque une entrevue entre le
« Fier tyran » et tous ses conseillers :
Ecrivant en Northumbrie au début du 8ème siècle, Bède ne donne guère plus d’information que ce qu’il a pu emprunter à Gildas. Il reconnaissait Vortigern comme le chef britannique qui avait autorisé la première installation des envahisseurs sur la côte Est du pays. Bède emploie deux versions du nom de Vortigern : la première sous la forme de Vertigernus, dans le De Tempore Ratione tandis que dans son Historia Ecclesiastica Gentis Anglorum écrite quelques années plus tard et qui paraphrase ou résume largement Gildas, il emploie la forme Uurtigerno qui correspond à de l’anglais pré-littéraire et a certainement été empruntée à un document écrit au début du 7ème siècle.
L’Historia Brittonum nous livre beaucoup plus
d’information sur Vortigern ; en fait, la majeure partie du manuscrit lui
est consacrée. Cet ouvrage compilé au début du 9ème siècle par le moine
Nennius est basée sur une véritable tradition historique même si la part belle y
est faite à la légende et au conte populaire. La principale source
d’inspiration provient d’un vieil ouvrage intitulé « La vie de St Germain
(Garmon) » dont le culte était concentré en Powys. Vortigern y est
mentionné sous le nom de Guorthigirn, un gouverneur qui
devait regrouper sous son autorité l’équivalent de toute
Le
plus étrange dans cette histoire concerne ses démêlés avec St Germain qui interfèrent
avec le matériau historique et ne sont en fait rien d’autre qu’un conte. Les
allusions à Vortimer correspondent également à une suite de légendes. Il y a
enfin l’encombrante légende de Dinas Emrys dans laquelle Vortigern n’est pas à
sa place mais qui a contribué à rendre son nom célèbre à cause du lien qu’elle
établit avec Merlin.
Ce
socle supportant à l’origine une croix se trouvait à proximité de l’abbaye de
Valle Crucis, non loin de Llangollen dans le Powys du Nord. L’inscription
gravée sur le monument précisait qu’elle avait été érigée par Concenn (ou
Cyngen), le dernier roi de Powys à la mémoire de son arrière grand père Eliseg.
L’inscription est très certainement contemporaine de l’Historia Brittonum.
La
majeure partie de cette inscription concernait des questions
généalogiques. Les éléments conservés
sont en accord avec les Généalogies Harleian (22,23,27) hormis le fait que
Britu et peut-être aussi Pascent sont considérés comme les fils non pas de
Catigern (fils de Catell Dyrnllwc) mais de Vortigern. Il est dit de Britu qu’il
fut béni par Germanus et que sa mère était Severa, la fille de Magnus Maximus.
Ceci signifie que la famille royale de Powys ne reconnaissait pas l’histoire de ses
origines telle qu’elle était écrite dans l’ Historia Brittonum suivant laquelle St
Germain aurait offert le trône de Powys à un esclave du nom de Cadell. Ils affirmaienr au contraire descendre de Vortigern qui était le gendre de Maximus. Le
Pascent dont plusieurs rois prétendent descendre pourrait alors être rapproché
du Pascent, fils de Vortigern que l’Historia Brittonum reconnaît comme
l’ancêtre des rois de Builth.
Cette chronique
est légèrement postérieure aux précédentes sources, la partie du texte la plus
ancienne remontant à 891. Vortigern y est mentionné à deux reprises, en l’an
449 puis en l’an 455. Une large part de
l’ouvrage a été empruntée à Bède, ce qui confirme cette datation. Pour l'année
449, il y est fait mention de l'Adventus Saxonum, Vortigern étant cité comme le « roi des Britanniques » qui invite les frères Hengist et Horsa. Il apparait aussi qu'une seconde invitation est faite aux Angles. Pour
l'année 455 la chronique évoque une grande bataille entre les Saxons et les
Britanniques conduits par Vortigern. Le Saxons sont victorieux et il n’est dès
lors plus fait mention de Vortigern ni de ses fils.
Geoffroy de Monmouth (c. 1095-1155)
Son Historia
Regum Britanniae, mentionnée pour la première fois en 1136, constitue la
dernière source relative à la vie de Vortigern. Bien qu’il est clair qu’il
s’est inspiré des sources précédentes pour écrire son ouvrage, Geoffroy de
Monmouth apporte de nouvelles informations provenant d’une source aujourd’hui disparue
qu’il est utile d’examiner en détail.
Geoffroy fait mention de l'archevêque Guithelinus, qui à la demande du peuple prend la tête
de la défense de

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