Les dates de Vortigern
Deux sources
différentes suggèrent des dates pour le règne de Vortigern. La
tradition galloise reprend le calcul effectué par le chroniqueur de l’ Historia
Brittonum, plaçant son accession en
Les généalogies
L'étude des généalogies galloises contribue effectivement à renforcer le crédit de la tradition locale.
Le
manuscrit MS XX du Jesus College (14 et 17) donne la descendance des
gouverneurs du Powys du Sud et du Nord, qu’il relie toutes les deux à
Vortigern. Celle du Powys du Nord est également conservée dans le manuscrit 3859 de
Harleian et le Pilier d'Eliseg, tandis que la généalogie du Powys méridional
(Buillt et Gwrtheyrnion) est conservée dans le chapitre 49 de l’Historia Brittonum. En
revanche, le fait que le nom de Vortigern soit remplacé par celui de Cadell en
tant qu'ancêtre de la lignée du Powys du Nord dans le manuscrit de Harleian, pourrait
avoir été délibéré. Il suffit pour s’en convaincre de se référer à
l’inscription plus ancienne du Pilier
d'Eliseg, qui établit le lien entre le Powys du Nord et Vortigern, lien qui est
également répété dans le manuscrit de
Jésus College XX.
L'image
traditionnelle
Les auteurs
modernes ont tendance à considérer Vortigern comme une figure mystérieuse à
demi-mythique et à l’écarter de l'histoire du cinquième siècle. Tout ce que
nous savons de lui est considéré avec scepticisme. Or, un tel scepticisme relève bien plus de l'ignorance que de la
connaissance des faits. En fait, l'image
que les témoignages livrent de Vortigern est assez consistante et montre une individualité
tout à fait distinctive, évitant toute possibilité de confusion entre deux
personnes différentes, voire plusieurs. Ainsi que le décrivent les plus anciennes
sources, Vortigern ne constitue pas un modèle de conduite héroïque telle qu’on
l’imagine chez les Celtes. Il n'est jamais présenté en tant que guerrier ; les
négociations avec l'ennemi, les cessions de territoire, la construction de
forteresses ne sont pas les actes habituels d'un chef militaire. S'il avait été
roi, quelle aurait pu être la nature du gouvernement qu'il aurait établi ? Les
sources irlandaises, puis britanniques et anglaises le décrivent comme rex
Brittonum, mais Gildas emploie le qualificatif tyrannus, terme
régulièrement appliqué à Maximus et apparemment à d'autres généraux qui ont revendiqué
le titre impérial à la suite de révoltes militaires. Pour autant que nous
savons, Vortigern semble avoir pris le pouvoir d’une autre manière. L’emploi de
ce terme pourrait alors se référer à une carrière (civile) au service de
l’Empereur. Il ne figure, en effet, jamais en qualité de soldat, l'armée étant commandée par son fils Vortimer. On peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’un
homme déjà âgé quand nous entendons parler de lui, avec des fils suffisamment âgés pour être à la tête de l'armée. La personnalité et la politique de Vortigern
semblent donc plutôt correspondre à un vicarius ou à un gouverneur civil. Selon
une autre hypothèse, il aurait pu occuper une position dominante dans la
hiérarchie ecclésiastique, raison pour laquelle il présidait le
conseil.
De toute
façon il a gouverné un territoire assez vaste allant du Kent au Pays de Galles.
Celui-ci aurait pu correspondre à l'ancienne province romaine de Britannia Prima, mais son
pouvoir a dû s’étendre au-delà à un certain moment de sa vie. En tant que grand
propriétaire terrien, il a dû personnellement posséder le territoire de
Gwrtheyrnion, qui avait certainement été un domaine impérial. Les généalogies évoquent
également sa souveraineté sur le Pays de Galles méridional, en rapport avec son
épouse Sevira, dont le père Magnus Maximus était allié à la dynastie locale. On
pourrait dès lors prétendre que Vortigern était l'héritier légitime des possessions
de Maximus en Grande-Bretagne en général et dans le Pays de Galles en
particulier.
La mauvaise réputation
Comment
Vortigern a-t-il acquis sa mauvaise réputation ? Ses contemporains savaient que l’invitation faite aux Saxons ne pouvait
être une raison suffisante dans la mesure où l’engagement de foederati était courant dans
la politique romaine du Bas Empire. Il n'a d’autre part jamais été accusé de
cruauté, de violence ni de trahison ; il était simplement timoré et hanté par la
peur du futur. Les plus lourdes charges qui pèsent contre lui proviennent du
fait qu’il a été poussé par une jolie fille à céder le Kent au Saxons (un fait
probablement apocryphe) et qu'il leur a plus tard accorder d'autres provinces
afin de sauver sa vie. Mais dans le cadre de ses relations avec St Germain, il s’est
effectivement rendu coupable d'un péché redoutable, celui d’épouser sa propre
fille. La charge de l'inceste
(très probablement fausse) survient après que Germain l’ait accusé d'un
autre péché tout en gardant le mystère sur sa nature. Il ne s’agit pas d’une accusation d’hérésie (telle que le
pélagianisme), car Gildas l’aurait sûrement mentionné. La seule explication
raisonnable doit être une campagne orchestrée pour jeter l’opprobre sur lui et conforter
les prétentions d'une dynastie rivale sur le Powys du Nord, au moment ou au
cours du 9ème siècle ce royaume a commencé à subir la convoitise de
Gwynedd.
Vitalinus-Vortigern, une seule et même personne ?
A
la fin de l'ère romaine en Grande-Bretagne, il y avait un homme de haut rang
dont la famille possédait de vastes domaines au Pays de Gales occidental et
dans les Midlands. Cet homme s’appelait Vitalinus et il avait acquis une
position élevée dans l'église britannique ou dans la fonction publique de
l'empire romain. Il était également un riche propriétaire foncier, marié à Sevira, la
fille du dernier usurpateur Magnus Maximus. Vers l’an 425 il est
devenu l'homme le plus puissant de Grande-Bretagne, bien qu'il ait régné avec
un Conseil des représentants (proto-princes) des Cités et d'autres centres émergents
de puissance régionale. Son propre pouvoir s'est, principalement étendu sur
la province de Britannia
Prima, dont une partie est devenue plus tard le royaume de Powys.
Dès avant
425, Vitalinus avait reçu des troupes d'Armorique pour la défense de
Quand il est
devenu le gouverneur le plus puissant de Grande-Bretagne, Vitalinus a changé
son nom en Vortigern pour des raisons politiques. « Vortigern » n'est
pas à proprement parler un titre, mais un qualificatif associé à une fonction
politique distincte, un qualificatif qui peut vouloir dire « le grand
gouverneur d’entre les gouverneurs ». Vortigern s’est ensuite attaché à
supprimer l'opposition, comme l’indique la bataille qu’il remporte à Wallop sur
Ambrosius en 437.
Quelques
années plus tard, ce sont les fédérés qui se révoltent, se rendant compte que
leur suprématie militaire leur confère le pouvoir réel sur
Vortigern
était-il responsable de la cession de
Conclusion
A
la fin de l'ère romaine en Grande-Bretagne, il y avait un homme de haut rang
dont la famille possédait de vastes domaines au Pays de Gales occidental et
dans les Midlands. Cet homme s’appelait Vitalinus et il avait acquis une
position élevée dans l'église britannique ou dans la fonction publique de
l'empire romain. Il était également un riche propriétaire foncier, marié à la
fille (Sevira) du dernier usurpateur Magnus Maximus. Vers l’an 425 il est
devenu l'homme le plus puissant de Grande-Bretagne, bien qu'il ait régné avec
un Conseil des représentants (proto-princes) des Cités et d'autres centres émergents
de puissance régionale. Son propre pouvoir a été dans une large mesure basé sur
la province de Britannia
Prima, dont une partie est devenue plus tard le royaume de Powys.
Dès avant
425, Vitalinus avait reçu des troupes d'Armorique pour la défense de
Quand il est
devenu le gouverneur le plus puissant de Grande-Bretagne, Vitalinus a changé
son nom en Vortigern pour des raisons politiques. « Vortigern » n'est
pas à proprement parler un titre, mais un qualificatif associé à une fonction
politique distincte, un qualificatif qui peut vouloir dire « le grand
gouverneur d’entre les gouverneurs ». Vortigern s’est ensuite attaché à
supprimer l'opposition, comme l’indique la bataille qu’il remporte à Wallop sur
Ambrosius en 437.
Quelques
années plustard, ce sont les fédérés qui se révoltent, se rendant compte que
leur suprématie militaire leur confère le pouvoir réel sur
Vortigern
était-il responsable de la cession de

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